CE QU’IL FAUT RETENIR
Créer une mare naturelle permet de stocker l’eau de pluie, de freiner le ruissellement et de réintroduire la biodiversité sur votre parcelle sans recourir à des systèmes mécaniques ou chimiques.
- Emplacement : Choisir le point le plus bas du terrain, à au moins 5 mètres de l’aplomb des arbres et bien ensoleillé.
- Étanchéité : Utiliser l’argile naturelle du site ou poser une bâche EPDM de 1 mm protégée par un géotextile de 350 g/m².
- Réglementation : Consulter le PLU en mairie ; la loi sur l’eau exige une déclaration administrative dès 1 000 m² de surface.
- Végétalisation : Associer des plantes hélophytes sur les berges et une haie bocagère en amont pour maximiser l’infiltration des pluies.
La réussite du projet repose sur la création de pentes douces inférieures à 20 % pour stabiliser les berges et faciliter l’accès à la faune aquatique et terrestre.
Pourquoi créer une mare naturelle sur son terrain ?
Créer une mare naturelle transforme la gestion de l’eau à l’échelle d’une parcelle tout en bâtissant un refuge écologique durable. Ce bassin retient l’excès d’eau de pluie et recharge les nappes de surface sans infrastructure lourde.
Comment la mare attire-t-elle la biodiversité locale ?
D’après les observations de la LPO, les mares et zones humides abritent plus de 20 % des espèces aquatiques protégées en France. Un aménagement mare biodiversité crée un écosystème complet et autonome dès la première année.
- Les amphibiens : Crapauds, grenouilles et tritons s’y reproduisent naturellement dès l’arrivée du printemps.
- Les insectes auxiliaires : Libellules, dytiques et gerris colonisent l’eau et régulent les populations d’insectes piqueurs.
- La faune sauvage terrestre : Hérissons, oiseaux et chauves-souris profitent d’un point d’eau permanent pour s’abreuver en été.
Comment associer mare et haie bocagère pour réguler l’eau ?
Combiner une mare avec de la végétation arbustive améliore la gestion eau de ruissellement terrain. Les systèmes racinaires augmentent la porosité du sol et absorbent l’excédent d’eau avant qu’il ne sature le sous-sol.
Lors des pluies intenses, la mare retient le surplus temporaire et évite le ravinement de la terre végétale. Ce couple végétal-aquatique protège les zones basses du terrain contre la stagnation des eaux.
Quelles sont les réglementations avant de creuser une mare ?
Avant d’engager un chantier d’excavation, vous devez vérifier le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune auprès de la mairie. Le Règlement Sanitaire Départemental (RSD) impose généralement de respecter une distance minimale de 50 mètres par rapport aux habitations des voisins.
Selon les textes officiels détaillés sur service-public.fr, la loi sur l’eau s’applique selon la surface de la mare. Une déclaration préalable en préfecture via la DDT est obligatoire si la superficie du plan d’eau dépasse 1 000 m².
Étape 1 : Comment planifier la mare et choisir l’emplacement ?
La phase de planification détermine l’équilibre biologique futur du bassin. Une implantation réfléchie limite l’entretien annuel et préserve la clarté de l’eau.
Où installer la mare sur votre terrain ?
Le choix du terrain repose sur la pente naturelle et l’exposition au soleil.
- Au point bas de la parcelle : Pour recueillir naturellement les eaux de ruissellement sans pompage.
- À distance des arbres : Conserver au moins 5 mètres d’écart avec le feuillage pour éviter l’accumulation de feuilles mortes qui étouffent l’eau.
- Au soleil partiel : Garantir 5 à 6 heures d’ensoleillement quotidien pour stimuler la végétation aquatique sans surchauffer le bassin.
Quels profils et pentes prévoir pour les berges ?
La morphologie du creusement doit imiter le relief d’une zone humide naturelle.
- Zone palustre (0 à 20 cm) : Pente très douce (inférieure à 15 %) pour permettre aux animaux de sortir de l’eau facilement.
- Zone intermédiaire (30 à 60 cm) : Palier de plantation pour fixer les racines des plantes hélophytes.
- Zone profonde (80 à 120 cm) : Fosse centrale maintenant un volume d’eau hors gel durant l’hiver.
Étape 2 : Créer une mare naturelle et poser l’étanchéité
L’étanchéification dépend de la nature du sol et des ressources disponibles sur place.
Argile, bentonite ou bâche EPDM : quelle solution choisir ?
| Solution d’étanchéité | Coût indicatif (€/m²) | Avantages majeurs | Inconvénients principaux |
|---|---|---|---|
| Argile du terrain | 0 à 5 € | 100 % naturelle, durée illimitée | Exige au moins 30 % d’argile dans le sol |
| Natte de bentonite | 12 à 20 € | Autocicatrisante, composant minéral | Sensible aux racines traçantes et aux pierres |
| Bâche EPDM (1 mm) | 10 à 18 € | Pose rapide, durée supérieure à 40 ans | Nécessite une couche de géotextile dédiée |
Comment réussir l’excavation et la mise en eau ?
Commencez par décaper la couche supérieure de terre végétale sur 20 à 30 cm et stockez-la à proximité pour habiller les berges. Creusez ensuite le bassin en façonnant les différents paliers de profondeur au fur et à mesure.
Retirez scrupuleusement les pierres pointues au fond du trou. Étalez une sous-couche de sable, posez un feutre géotextile de 350 g/m², puis déroulez la bâche EPDM. Remplissez doucement d’eau de pluie pour plaquer la membrane au fond.
Étape 3 : Comment végétaliser la mare et aménager les abords ?
La végétation aquatique stabilise le sol, filtre les éléments minéraux et apporte l’oxygène indispensable à la vie du bassin.
Quelles plantes aquatiques installer dans son bassin ?
Sélectionnez des espèces locales adaptées aux profondeurs de votre ouvrage.
- Plantes oxygénantes : Le cératophylle et l’élodée purifient l’eau profonde et préviennent la prolifération des algues.
- Plantes hélophytes : L’iris faux-acore, le typha et la menthe aquatique absorbent les nitrates sur les paliers peu profonds.
- Plantes hydrophytes : Le nénuphar blanc et le potamot couvrent la surface de l’eau et réduisent l’évaporation estivale.
Pourquoi planter une haie bocagère pour retenir l’eau ?
Il est recommandé de planter haie bocagere inondation sur les pentes dominant le bassin. Des arbustes champêtres comme le charme, l’aubépine et le sureau ralentissent les flux d’eau lors des orages.
Les racines des arbres de la haie absorbent les nitrates résiduels du terrain et évitent l’eutrophisation prématurée de la mare. Ce réseau végétal crée également un corridor biologique abrité pour la faune terrestre.
Étape 4 : Comment favoriser la biodiversité sans créer de déséquilibre ?
L’équilibre d’une mare s’installe naturellement en laissant faire la faune sauvage sans introduction d’espèces domestiques.
Comment équilibrer poissons, moustiques et amphibiens ?
L’écosystème ajuste seul la population d’insectes à condition de respecter quelques principes simples.
- Bannir les poissons rouges : Ces poissons consomment la microfaune, les œufs d’amphibiens et troublent l’eau en fouillant le fond.
- Laisser s’installer les prédateurs : Les larves de libellules et les dytiques dévorent la majorité des larves de moustiques.
- Protéger les amphibiens : Les crapauds et tritons maintiennent la population d’invertebrés sans perturber le milieu.
Quels refuges terrestres aménager autour du point d’eau ?
Laissez une bande d’herbe haute d’au moins 2 mètres de large autour de la mare sans passer la tondeuse. Cet espace sauvage offre un couvert végétal indispensable pour le déplacement des amphibiens.
Disposez des tas de bois mort, des amoncellements de pierres sèches et des fagots de branches à proximité du bassin. Ces structures servent d’abris d’hivernage pour les tritons, les crapauds et les petits mammifères.
Comment entretenir une mare naturelle au fil des saisons ?
Une mare naturelle bien conçue nécessite peu d’entretien manuel au quotidien.
- Au printemps : Retirer à la main une partie des algues filamenteuses si elles occupent plus de 30 % du bassin.
- En été : Surveiller la descente du niveau d’eau sans ajouter l’eau du réseau riche en chlore.
- À l’automne : Éliminer les feuilles mortes flottantes à l’épuisette et couper un tiers des tiges de roseaux desséchées.
- En hiver : Ne jamais casser la glace superficielle pour éviter de créer des ondes de choc mortelles pour la faune au fond.
